LA PAROLE CONSTRUIT LA LÉGITIMITÉ ET L’AUTORITÉ.

Autorité vs autoritarisme

Dans les organisations et les institutions, l’autorité véritable ne procède pas mécaniquement de la position hiérarchique. Elle repose d’abord sur une légitimité reconnue. Or cette légitimité se forge et se manifeste par la parole. La qualité du discours n’accompagne pas l’autorité, elle en constitue l’un des fondements essentiels.

Il convient de distinguer clairement autorité et autoritarisme. Car c’est d’abord par la parole que l’autorité se construit, se consolide ou se délite. Entre le dirigeant qui inspire et le tyran qui écrase, il y a entre les deux tout l’espace de la parole.

L’autorité, c’est la capacité à être obéi sans avoir à contraindre. C’est le mystère d’une influence qui s’exerce naturellement et consentie par ceux qui acceptent d’être guidés, au lieu de s’imposer. Hannah Arendt dans son essai « Qu’est-ce que l’autorité ? » écrit : « Là où la force est employée, l’autorité a échoué ». Cette formule souligne que l’autorité véritable suppose une reconnaissance préalable de la part de ceux qui s’y soumettent. Elle ne s’impose pas. 

Par contre, l’autoritarisme produit une obéissance de façade. Il obtient l’exécution, mais rarement l’adhésion. Il génère du ressentiment, de la passivité et, à terme, nourrit la révolte. L’autoritarisme qui semble imposer l’ordre fragilise en réalité la cohésion.

Dans les institutions et les organisations, l’autorité se construit sur la parole responsable et engageante. Elle exige la cohérence entre le discours et les actes. Elle suppose la capacité à expliquer le sens des orientations, à justifier les arbitrages, à maintenir un cap intelligible dans la durée. Une autorité crédible est indissociable d’une pédagogie constante.

L’écoute constitue une composante déterminante de cette dynamique. Elle signale que l’autre existe, que son point de vue compte, que la décision finale, même si elle ne lui donne pas raison, a intégré sa perspective. Ces pratiques renforcent la légitimité du dirigeant.

Il faut également accepter le temps long. La légitimité ne se décrète pas ; elle se construit progressivement, par l’accumulation d’actes cohérents et de paroles tenues. Ce qui a été altéré par des incohérences répétées ne peut être restauré instantanément. L’autorité durable est le produit d’une constance.

En définitive, l’autorité légitime se mesure à ce qu’elle rend possible l’action collective, la coopération, la réalisation de projets qui dépassent les intérêts individuels. Elle ne se justifie que par sa capacité à fédérer et à orienter. Lorsqu’elle est claire, cohérente et structurante, la parole du dirigeant produit de la légitimité et maintient l’organisation dans des sillons parfaitement dégagés.

Ainsi, l’autorité ne se proclame pas. Elle se construit, parole après parole, décision après décision, acte après acte.

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