
Dans de nombreuses organisations, et dans des États d’Afrique, la communication est instrumentalisée au service des gouvernants. Elle sert davantage à mettre en scène l’autorité des dirigeants et à légitimer des décisions déjà prises qu’à informer les citoyens ou à instaurer un dialogue transparent avec les parties prenantes.
Cette conception de la communication est héritée des modèles organisationnels issus de l’ère de la révolution industrielle, où l’information circulait de manière strictement descendante ; le sommet ou le chef décidait, communiquait ce qu’il jugeait utile, et la base devait exécuter. Dans ce schéma unidirectionnel, la communication n’avait ni vocation à expliquer, ni à dialoguer, encore moins à rendre des comptes. Elle servait avant tout à imposer un récit unique soigneusement tamisé.
C’est dans ce contexte qu’a prospéré le travail industriel à la chaine conceptualisé par Henri Ford, malgré son caractère profondément déshumanisant ; c’est aussi sur ces fondations que se sont enracinés des régimes autoritaires dans lesquels l’opacité s’est progressivement imposé comme une norme de gouvernance. La parole officielle y est bien souvent réduite à des éléments de langage vagues, déconnectés des préoccupations essentielles de la base.
Dans un tel schéma, le poste de responsable de la communication est créé et le titulaire choisi non pour sa capacité à structurer une information de manière claire et intelligible, mais pour son aptitude à manier la langue de bois avec brio, à minimiser des sujets sensibles et surtout à distraire les questions de fond.
Aujourd’hui encore, il suffit d’écouter certains comptes-rendus de réunions gouvernementales ou de sommets politiques pour mesurer cette pauvreté communicationnelle. L’on a droit à des déclarations générales, des formulations creuses, des proclamations sans indicateurs objectifs, laissant place à toutes les interprétations. Cette pratique malheureuse entretient la confusion et fragilise la relation entre l’État et les citoyens, entre l’organisation et les parties prenantes.
Or communiquer de manière transparente rassure. Communiquer avec clarté renforce la cohésion sociale et la légitimité de l’action publique.
Consultez et téléchargez gratuitement le carrousel.

Antoine BLAGNON est consultant en communication, auteur de S’ACCOMPLIR-RIEN NE SAUVE AUTANT QUE L’AMOUR et promoteur de POWUI Communications, une agence spécialisée dans la communication des organisations et dans l’édition. L’agence aide les entreprises à renforcer leur crédibilité et leur impact en ligne et en société.
