ALORS NON, L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE NE NOUS SIMPLIFIE PAS TOUT À FAIT LA VIE.

Antoine BLAGNON en formation.

J’aime la lecture. J’aime lire. C’est à la fois une passion et une part importante de mon travail.

J’aime aussi transmettre. C’est pour moi une responsabilité citoyenne… partager les connaissances que j’ai acquises, les compétences que je continue d’approfondir et les expériences qui façonnent mon parcours de consultant en communication. C’est l’une des raisons pour lesquelles je tiens différents blogs depuis une quinzaine d’années, que j’anime des sessions de formation et que je produis des ebooks, notamment de vulgarisation des concepts et stratégies de communication.

Ce travail est exigeant. Il suppose des recherches constantes, une capacité à approfondir les sujets du périmètre de mon expertise et à les rendre accessibles sans les dénaturer.

Depuis quelques années, avec l’essor des intelligences artificielles conversationnelles que j’utilise désormais au quotidien, je vais plus vite dans mes tâches et je structure de mieux en mieux. Ces outils nous donnent accès à une masse de connaissances considérable, organisée et mobilisable en quelques secondes dans un seul onglet.

Mais cet avantage a ses limites.

Pour produire des réponses rapides et relativement cohérentes, ces systèmes synthétisent d’immenses volumes d’informations. Certes, cette capacité est impressionnante, mais dans les domaines créatifs, rédactionnels ou stratégiques, cette logique de synthèse peut parfois manquer de nuances, lisser les contradictions et trop simplifier des réalités complexes.

Cela m’aurait donc suffi si mon objectif était simplement de produire plus.

Mais mon exigence est de produire du contenu qui apporte de la valeur à mon audience.

Alors voici concrètement comment je travaille. Je construis d’abord mes textes en m’appuyant sur mes connaissances, mes lectures et des sources de référence. Ensuite, j’utilise l’intelligence artificielle pour corriger certaines formulations, restructurer des idées ou enrichir certains passages.

Puis je reprends l’ensemble.

Je retire des phrases qui, même bien formulées, ne sont pas celles que j’aurais naturellement employées. Je vérifie les sources fournies par l’IA. Je recoupe les informations. J’affine. J’apporte de la nuance.

Le monde n’est pas binaire. Tout n’est pas blanc ou noir.

Un contenu utile ne consiste pas seulement à produire une réponse correcte. Il doit aussi traduire une intention, un regard, une capacité à mettre en perspective.

C’est précisément cette part humaine que j’essaie de préserver dans mes contenus. Je signe de ma voix, ma sensibilité, ma manière d’interpréter et de hiérarchiser les idées.

Et, paradoxalement, ce processus me conduit aujourd’hui à mobiliser davantage de ressources qu’auparavant. Je lis plus. Je vérifie davantage. Je recoupe davantage aussi. Au final, je consacre souvent plus de temps à un texte qu’avant l’usage des intelligences artificielles conversationnelles censées me « simplifier » la tâche.

C’est pourquoi je reste prudent face à un certain discours « d’experts » excessivement simplificateurs sur l’intelligence artificielle.

S’il suffisait, dans un domaine comme la communication, et tant d’autres, d’entrer un prompt, de copier le résultat et de le publier sans discernement, alors oui, ces outils pourraient pratiquement tout faire à notre place.

Mais produire du contenu à valeur ajoutée ne peut se réduire à générer simplement du texte et à le publier comme tel.

Publier exige une intention, une réflexion, une capacité de discernement. L’intelligence artificielle peut accélérer certaines étapes du travail, mais elle ne remplace ni le jugement, ni la responsabilité intellectuelle de celui qui publie.

Les intelligences artificielles conversationnelles m’aident considérablement dans mon travail quotidien. Elles m’aident à structurer certaines tâches, à accélérer certaines recherches, à ouvrir des perspectives nouvelles. Elles m’ont permis d’aller plus loin et plus vite.

Mais elles m’imposent aussi l’exigence d’un investissement intellectuel réel.

Car plus les outils deviennent puissants, plus notre responsabilité dans la manière de les utiliser devient importante.

Alors non, l’intelligence artificielle ne nous simplifie pas tout à fait la vie, même si elle élargit considérablement notre champ des possibles.

Nous sommes des humains.

Et c’est précisément notre capacité à nuancer, à relativiser, à mettre en perspective qui fait la différence non seulement dans ce que nous produisons, mais surtout dans la valeur réelle que nous apportons aux autres.

Excellente semaine !

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