Histoire vécue : l’intelligence artificielle nous a réconciliés

Dans mon métier de conseil en communication, il m’arrive régulièrement de rencontrer des porteurs de projets qui peinent à formuler clairement leurs besoins en communication. Dans ces cas-là, nous faisons preuve de patience et les accompagnons à clarifier leur vision. Cependant, malgré notre investissement, certains ont des attentes si abstraites que notre collaboration tourne court. M. Amian, artisan maçon passionné, dont je m’apprête à vous conter l’histoire appartient à cette catégorie-là.

Le défi du dialogue créatif

Lorsque M. Amian, qui s’est lancé dans la formalisation de son activité, me consulte pour créer le logo de sa jeune entreprise, son ambition est double : incarner son savoir-faire et fédérer les maçons de Côte d’Ivoire au sein d’une corporation bien organisée. Le problème, c’est que ses demandes oscillent entre l’ésotérique (Je veux quelque chose qui parle, qui soit solide… et aérien.) et le techniquement improbable (On doit retrouver tous les métiers de l’artisanat dans le logo). Je m’engage malgré tout à lui proposer un premier jet qui servirait de base pour affiner son logo, un des signes de son identité visuelle.

Le jour de la présentation, M. Amian se montre insatisfait. Plusieurs autres essais de propositions graphiques se basant sur ses nouvelles indications et des heures d’échanges n’ont pas réussi à le convaincre. Finalement, notre collaboration s’interrompt, sans brouille.

Deux années plus tard, il me recontacte enthousiaste, radieux même, me confiant qu’il a enfin réussi à réaliser le logo qu’il avait en tête. Curieux, j’examine le visuel qu’il me présente sur son écran de téléphone et je découvre une image déstructurée avec une typographie indéchiffrable, manifestement générée par une intelligence artificielle. En revanche, l’idée centrale est là. On peut la décrypter. Partant de cette base, je redessine le logo en améliorant la typographie, l’agencement des éléments et les proportions, en plus d’insuffler ce que l’intelligence artificielle ne peut pas encore offrir : l’ajustement sémantique et la dimension narrative.

L’intelligence artificielle n’a pas remplacé le travail du graphiste

L’intelligence artificielle n’a pas remplacé le travail du graphiste, elle l’a accéléré et facilité par certains aspects. L’expérience avec M. Amian révèle l’impact positif de l’intelligence artificielle dans les métiers créatifs. Elle démocratise l’accès à la création. Toute personne peut désormais visualiser ses intuitions, dialoguer via des supports concrets et surtout optimiser ses frais en limitant les allers-retours chez le professionnel. L’intelligence artificielle se présente dans ce cas comme un outil complémentaire qui optimise le travail de création. Pour nous professionnels de la communication, c’est l’occasion de nous recentrer sur l’interprétation créative et améliorer continuellement notre expertise technique.

Conclusion : vers une collaboration augmentée

M. Amian incarne cette nouvelle génération d’entrepreneurs qui assument sans complexe leur part de direction artistique. Loin de menacer le métier de graphiste, l’intelligence artificielle devient un médiateur. Elle construit des ébauches réalistes et libère l’énergie des professionnels de la création pour d’autres compétences comme insuffler de l’âme aux pixels.

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