
Vous utilisez chaque jour un smartphone, vous effectuez des paiements en ligne, vous trouvez des informations sur Google, vous profitez des connaissances délivrées par l’intelligence artificielle. Mais combien d’entre vous comprennent comment tout cela fonctionne ? Et surtout combien pourraient construire pareils systèmes ?
Toutes ces technologies que nous utilisons aujourd’hui et que nous admirons reposent sur des langages informatiques, ce qu’on appelle aussi le code informatique. Ce code est littéralement la langue dans laquelle le monde numérique s’écrit. Et tant que nous ne la comprenons pas, nous restons des consommateurs passifs de ce que d’autres ont construit. Jamais des créateurs, jamais des décideurs de notre propre modernité.
En Afrique, cette réalité est particulièrement ennuyeuse. Nous sommes fascinés par des technologies que nous n’avons pas conçues, notre sécurité est dépendante d’infrastructures numériques et de technologies que nous ne maîtrisons pas forcément. Et pendant ce temps, le fossé avec d’autres régions du monde continue de se creuser, sous nos yeux.
Ma conviction est que nous devons apprendre le code informatique.
L’apprentissage de cette discipline doit devenir aussi naturel dans notre système éducatif que d’apprendre les tables de multiplication. Pas parce que tous les enfants deviendront développeurs, tout comme tous les enfants qui apprennent à multiplier ne deviennent pas mathématiciens. Mais parce que comprendre les bases de la programmation, c’est comprendre la logique qui organise en partie le monde dans lequel nous vivons et où nos enfants grandissent.
Les gouvernants peuvent déployer des solutions numériques pour l’alphabétisation des populations, accessibles via les téléphones mobiles que possèdent aujourd’hui la quasi-totalité des familles africaines. Au-delà de l’impact direct sur les populations, ce sont des entrepreneurs africains qui vont créer des emplois, résoudre des problèmes africains notamment celui de la faim, et contribuer à une économie numérique dont l’Afrique ne serait plus à la marge.
Je vous entends déjà me dire comment parler de code informatique et de logique algorithmiques quand plus de 50% des jeunes en âge d’aller au lycée ne maîtrisent pas encore la lecture et l’écriture ?
C’est une réalité que je ne minimise pas. Mais elle ne doit pas nous paralyser. Ceux qui savent lire et écrire, et ils sont nombreux, peuvent et doivent déjà se familiariser avec ces langages dès maintenant. Et transmettre ensuite. C’est ainsi que les transformations commencent : par ceux qui peuvent, entraînant progressivement ceux qui ne peuvent pas encore.
Conclusion
Le fossé numérique entre l’Afrique et le reste du monde n’est pas insurmontable. Il se comblera par la vulgarisation de la formation, par l’apprentissage, et par la volonté collective de ne plus seulement utiliser les outils numériques, mais les construire aussi.
Apprenons à coder. Enseignons-le à nos enfants, à nos jeunes, à nos adultes. C’est un investissement dans le présent et dans l’avenir de nos forces vives et de notre continent. La Chine qu’on envie aujourd’hui n’a pas fait autre chose.

Je suis Antoine BLAGNON, consultant en communication et gérant de POWUI Communications, une agence spécialisée en communication stratégique et opérationnelle. Nous aidons les dirigeants, les institutions et autres organisations à structurer leur communication afin de renforcer leur crédibilité , leur visibilité et leur impact (performance) en ligne et en société.
