
En Côte d’Ivoire, comme dans de nombreux contextes africains, l’une des erreurs les plus récurrentes observées chez des candidats aux élections législatives est l’improvisation permanente. Dans l’imaginaire d’une partie du personnel politique, plus particulièrement de ceux qui ont déjà été élus au moins une fois et qui briquent un nouveau mandat, la campagne électorale se résume à quelques présences sporadiques sur le terrain, à des affiches collées çà et là, et à des discours enchanteurs prononcés devant des groupes de citoyens. Nombreux sont ainsi ceux qui se lancent dans la course électorale sans feuille de route claire, sans calendrier précis des opérations, sans objectifs qui transcendent leur seule ambition personnelle pour embrasser un projet collectif, et parfois sans une vision structurée de leur communication.
Pourtant, à l’ère des réseaux sociaux et de la proximité qu’ils induisent, toute campagne électorale sérieuse et potentiellement victorieuse repose sur un processus important : la planification stratégique.
La planification consiste à organiser à l’avance un plan d’action visant à atteindre les objectifs définis. Elle implique l’identification des tâches à accomplir, l’allocation rationnelle des ressources (temps, budget, personnes) et l’établissement d’un calendrier précis pour assurer une exécution cohérente et maîtrisée du projet.
Appliquée à une campagne électorale, la planification revient à déterminer avec précision les actions nécessaires pour convaincre l’électorat, à constituer une équipe de campagne compétente et à mobiliser les ressources indispensables à la mise en œuvre du projet politique. Cette démarche est continue tant que l’homme politique se veut au service de sa communauté. Mais elle s’intensifie naturellement à l’approche des échéances électorales.
Le premier malentendu réside toutefois dans la perception du temps politique. Pour certains candidats, la campagne débute à l’ouverture officielle décrétée par la Commission électorale et s’achève le jour du scrutin. Faut-il rappeler qu’en réalité, la préparation d’une campagne commence bien en amont par l’anticipation des événements… Il faut, entre autres, préparer les messages à diffuser, cibler les publics, organiser les ressources, etc.
Un manque de planification engendre une communication désordonnée, affaiblit la crédibilité du candidat et brouille parfois la lisibilité de son projet. Les affiches diffusées prématurément sur les réseaux sociaux en sont une illustration parfaite. Une telle désorganisation est perçue par les électeurs comme un manque de sérieux, de méthode et de leadership.
Un candidat qui aspire à représenter une circonscription à l’Assemblée nationale doit inspirer rigueur, vision et capacité d’anticipation. Il ne peut donner l’impression de perdre la conduite de son projet politique.
En définitive,le manque de planification est une erreur silencieuse mais redoutable. Elle ne se voit pas toujours immédiatement, mais elle fragilise l’ensemble de la campagne. Une élection se prépare, se structure et se conduit avec méthode.
Cela étant, planifier ne signifie pas figer. Une planification efficace laisse place à l’adaptation. Elle offre un cadre de référence permettant de faire face aux imprévus avec intelligence, sans sombrer dans l’improvisation permanente.

Antoine BLAGNON est consultant en communication, auteur de S’ACCOMPLIR-RIEN NE SAUVE AUTANT QUE L’AMOUR et promoteur de POWUI Communications, une agence spécialisée dans la communication des organisations et dans l’édition. L’agence aide les entreprises à renforcer leur visibilité et leur impact en ligne et en société.
