
Dans quelques semaines, les élections législatives se tiendront en Côte d’Ivoire afin de renouveler l’Assemblée nationale. Déjà, avant même l’ouverture officielle de la campagne, plusieurs candidats sillonnent les localités, multiplient les visites « de courtoisie » aux autorités communautaires et renforcent leur proximité avec les électeurs, notamment avec les jeunes, à travers des concerts et autres événements. Dans le même élan, des candidats investissent massivement les réseaux sociaux, y publiant affiches, vidéos courtes, interviews et photos de terrain.
Parmi ces supports de communication, mon attention se porte particulièrement sur les affiches qui sont postées çà et là sur la Toile. L’affiche est généralement l’objet le plus visible d’une campagne électorale, le plus accessible aussi par les populations, et parfois le premier contact visuel pour découvrir le candidat. C’est donc un support de communication indispensable.
Or, de ces observations, je relève que de nombreuses affiches sont mal réalisées, des éléments graphiques inutiles les surchargent, la photo du candidat est de mauvaise qualité ou mal intégrée, les informations sont mal équilibrées et le manque de hiérarchie visuelle noie le message principal. Tout ceci finit par éroder le potentiel de l’affiche et par desservir le commanditaire auprès des électeurs.
Une affiche bien réalisée constitue un véritable outil de persuasion politique. En Côte d’Ivoire, de nombreux électeurs, particulièrement dans les zones peu urbanisées, votent encore par mémoire visuelle. Dans les urnes, face au bulletin de vote, c’est souvent un visage, une couleur, un slogan, un symbole… aperçu à plusieurs reprises dans la rue, au marché, sur WhatsApp, sur Facebook ou ailleurs qui resurgit dans l’esprit du votant et guide son choix.
L’affiche, en ce sens, fonctionne comme une ancre mentale, un repère cognitif qui rattache le votant à un candidat. Elle sert donc à fixer l’identité du candidat, à établir sa présence, à rendre son nom et ses signes familiers, reconnaissables et crédibles.
Pour ces raisons, sa conception doit obéir à des exigences de rigueur et de professionnalisme. Une typographie trop petite, une photo médiocre, un désordre visuel, des couleurs mal accordées suffisent à affaiblir l’image du candidat.
Celui-ci doit donc veiller à valider et publier une affiche professionnelle. Cette affiche doit être lisible avec une hiérarchie claire des informations tout en gardant sa simplicité.
Certes, une affiche à elle seule ne constitue pas une stratégie de campagne, mais lorsqu’elle est bien structurée, elle peut transformer l’intérêt des populations en adhésion, et l’adhésion en suffrages massifs pour faire élire le candidat le mieux présenté.

Antoine BLAGNON est consultant en communication, auteur de S’ACCOMPLIR-RIEN NE SAUVE AUTANT QUE L’AMOUR et promoteur de POWUI Communications, une agence spécialisée dans la communication des organisations et dans l’édition. L’agence aide les entreprises à renforcer leur visibilité et leur impact en ligne et en société.
